L’amour dure 3 ans !

image Comme d’habitude Frédéric Beigbeder, qui a récemment reçu le prix Renaudot pour Un roman français (Grasset), nous signe un bouquin complétement fou, c’est la vision d’un homme un peu déprimé persuadé que l’amour dure trois ans !

Nulle besoin de vous préciser que l’auteur de Mémoire d’un jeune homme dérangé est l’un des mes auteurs préféré. Si vous avez lu un peu son œuvre vous comprendrez pourquoi ;)

Voici ce que nous dit la quatrième de couverture de l’amour dure trois ans :

“Au début, tout est beau, même vous. Vous n’en revenez pas d’être aussi amoureux. Pendant un an, la vie n’est qu’une succession de matins ensoleillés, même l’après-midi quand il neige. Vous écrivez des livres là-dessus. Vous vous mariez, le plus vite possible – pourquoi réfléchir quand on est heureux ? La deuxième année, les choses commencent à changer. Vous êtes devenu tendre. Vous faites l’amour de moins en moins souvent et vous croyez que ce n’est pas grave. Vous défendez le mariage devant vos copains célibataires qui ne vous reconnaissent plus. Vous-même, êtes-vous sûr de bien vous reconnaître, quand vous récitez la leçon apprise par cœur, en vous retenant de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue ? La troisième année, vous ne vous retenez plus de regarder les demoiselles fraîches qui éclairent la rue. Vous sortez de plus en plus souvent : ça vous donne une excuse pour ne plus parler. Vient bientôt le moment où vous ne pouvez plus supporter votre épouse une seconde de plus, puisque vous êtes tombé amoureux, d’une autre. La troisième année, il y a une bonne et une mauvaise nouvelle. La bonne nouvelle : dégoûtée, votre femme vous quitte. La mauvaise nouvelle : vous commencez un nouveau livre.”

Quelques citations pour le plaisir

Les fêtes ont été données à l’homme pour lui permettre de cacher sa pensée.

  • La première année, on dit : “Si tu me quettes, je me TUE”
  • La seconde année, on dit : “Si tu me quittes, je souffrirai mais je m’en remettrai.”
  • La troisième année, on dit : “Si tu me quittes, je sabre le champagne.”

Dans le même esprit :

  • La première année, on achète des meubles.
  • La seconde année, on déplace des meubles.
  • La troisième année, on partage des meubles.

Un peu plus long, mais très intéressant :

On nous dit souvent qu’au bout d’un certain temps, la passion devient “autre chose”, de plus solide et plus beau. Que cette “autre chose”, c’est l’Amour avec un grand “A”, un sentiment certes moins excitant, mais aussi moins immature. J’aimerais être bien clair : cette ” autre chose” m’emmerde, et si c’est cela l’Amour, alors je laisse l’Amour aux paresseux, aux découragés, aux gens “mûrs” qui se sont engoncés dans leur confort sentimental. Moi, mon amour il a un petit “a” mais de grandes envolées; il ne dure pas très longtemps mais au moins, quand il est là on le sent passer. Leur “autre chose” en quoi ils voudraient transformer l’amour ressemble à une théorie inventée pour pouvoir se contenter de peu, et se rassurer en clamant qu’il n’y a rien de mieux. Ils me font penser aux jaloux qui rayent les portes des voitures de luxe parce qu’ils n’ont pas les moyens de s’en offrir une.

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Soie

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Soie est un roman plutôt court (142 pages), lyrique et poétique d’Alessandro Baricco. Il se lit donc très rapidement et c’est une petite merveille.

Voyageur en quête d’œufs de vers à soie, Hervé Joncour se voit contraint, pour sauver les industriels de son village, d’effectuer une expédition “jusqu’au bout du monde”. Or, en 1861, la fin du monde, c’est un Japon qui sort à peine de son isolationnisme, et, qui plus est, de mauvaise grâce. Et c’est au Japon que la vie du héros prend un tour nouveau en croisant celle d’une femme mystérieuse.

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Mercure

image Mercure est sans doute la plus belle histoire d’amour que j’ai pu lire : tordu et pervers à souhait :)

Sur une île au large de Cherbourg, un vieil homme et une jeune fille vivent isolés, entourés de serviteurs et de gardes du corps, à l’abri de tout reflet ; en aucun cas Hazel ne doit voir son propre visage. Engagée pour soigner la jeune fille, Françoise, une infirmière, va découvrir les étranges mystères qui unissent ces deux personnages. Elle saura pourquoi Hazel se résigne, nuit après nuit, aux caresses du vieillard. Elle comprendra au prix de quelle implacable machination ce dernier assouvit un amour fou, paroxystique… Au coeur de ce huis clos inquiétant, la romancière de l’hygiène de l’assassin et du fait du prince retrouve ses thèmes de prédilection : l’amour absolu et ses illusions, la passion indissociable de la perversité.

Quelques extraits

«L’amour n’est pas la spécialité des humains.»

«Pourquoi est-il impossible de faire du bien à quelqu’un sans lui faire de mal ? Pourquoi est-il impossible d’aimer quelqu’un sans le détruire ?»

«L’amour : c’est une maladie qui rend mauvais. Dès que l’on aime vraiment quelqu’un, on ne peut s’empêcher de lui nuire, même et surtout si l’on veut le rendre heureux.»

«Peut-il arriver mieux à une belle jeune fille que de tomber sur un monstre ?»

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L’ignorance

image Selon les propos de l’auteur lui-même, L’Ignorance n’est ni un roman politique, ni un texte autobiographique – même si le roman commence par la rencontre, dans un aéroport, de deux « dissidents » de l’Est réfugiés en Europe de l’Ouest, qui retournent pour quelques jours dans leur pays d’origine. L’ignorance, ici, ne fait pas allusion aux lacunes de la connaissance, mais précisément aux côtés inconnus de la nature humaine, qui ne se révèlent pas dans la fadeur du quotidien, cachés qu’ils sont derrière le « rideau de la normalité », mais qui surgissent au grand jour dans des situations historiques exceptionnelles – comme la période de la Terreur sous la Révolution française. À partir de cette notion d’ignorance comme lacune existentielle, Milan Kundera s’interroge sur la mémoire, et surtout sur l’oubli, qui à ses yeux prend le pas sur le travail de la mémoire : « De quoi je me souviens ? De très peu de choses. Et l’autre ne se souvient pas des mêmes choses. C’est donc une non-rencontre, mais qui est voilée par l’émotion. Mais, dès que la situation subit une vraie analyse, vous vous rendez compte de la présence de l’oubli.

Un p’tit extrait

Sur l’avenir, tout le monde se trompe. L’homme ne peut être sûr que du moment présent. Mais est-ce bien vrai ? Peut-il vraiment le connaître, le présent ? Est-il capable de le juger ? Bien sûr que non. Car comment celui qui ne connaît pas l’avenir pourrait-il comprendre le sens du présent ? Si nous ne savons pas vers quel avenir le présent nous mène, comment pourrions-nous dire que ce présent est bon ou mauvais, qu’il mérite notre adhésion, notre méfiance ou notre haine ?

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Expérimentons une dictature !

image C’est en quelques sortes l’idée qu’a eu un professeur d’histoire/géo dans les années 70 aux Etats-Unis et qui est relaté dans “La Vague” un roman que j’ai lu récemment.

Pour faire comprendre les mécanismes du nazisme à ses élèves, Ben Ross, professeur d’histoire, crée un mouvement expérimental au slogan fort : ” La Force par la Discipline, la Force par la Communauté, la Force par l’Action”. En l’espace de quelques jours, l’atmosphère du paisible lycée californien se transforme en microcosme totalitaire : avec une docilité effrayante, les élèves abandonnent leur libre arbitre pour répondre aux ordres de leur nouveau leader, lui-même totalement pris par son personnage. Quel choc pourra être assez violent pour réveiller leurs consciences et mettre fin à la démonstration?

Un livre riche d’enseignements qui suscitent de nombreuses questions. Ce livre s’adresse particulièrement à celles et ceux qui ne comprennent pas comment la barbarie nazie a pu avoir lieue, pour comprendre comment des humains ont pu basculer dans une telle horreur ! Avec un exemple concret (tiré de faits réels je vous le rappelle) l’auteur nous montre à quel point une dictature ou une autocratie est encore possible de nos jours en occident.

Pour les plus réfractaires, sachez que le livre est assez court, donc vous n’avez aucune raison de ne pas le lire ;)

Un film relatant les mêmes faits à également été produit (je viens tout juste de le regarder). L’histoire est vraiment très proche du livre jusqu’aux dernières minutes… C’est à ce moment que tout cloche, la fin n’est pas la même et l’effet sur le spectateur s’en trouve altéré, pour ne pas dire gâché. Je ne vous en dit pas plus…

Et pour vous faire une idée du livre et du film voici la bande annonce (du film hein) :

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L’évangile selon Pilate

image Je viens tout juste d’achever l’Evangile selon Pilate de Eric Emmanuel Schmitt. Comme vous le savez Pilate était le prefet de la province romaine de Judée au 1er siècle et responsable de la crucifixion du p’tit Jésus.

Le roman est divisé en deux parties, un prologue ou un homme attend dans le jardin des oliviers que l’on viennent le chercher pour le conduire au supplice de la croix (vous l’aurez compris il s’agît de Jésus). Cette partie est très intéressante car elle humanise la légende du faiseur de miracle.

La seconde partie c’est l’enquête mené par Pilate pour résoudre la disparition du corps du Christ et trouver ce qui se cache derrière la supercherie de la résurrection.

Le roman se lit très facilement, on y apprends des choses (même si l’auteur s’est permit quelques écarts par rapport aux Evangiles) cependant je trouve que ce bouquin laisse une trop grande part aux explications mystiques. J’aurai préféré que l’ouvrage eut été traité avec un peu plus de distance… Néanmoins cet opuscule n’en ait pas moins très intéressant ! Une mention spéciale aux explications du livre faites par l’auteur en conclusion.

Si j’aime beaucoup le message d’amour porté par la plupart des grandes théologies j’en apprécie bien moins l’idée de culte qui l’entoure…

Je ne m’étends pas trop sur le sujet car cela mériterait quelques heures de rédactions.

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La formule secète de l’amour

Le complot amoureux repose sur un secret bien gardé. On vous fait croire que c’est pour la vie alors que, chimiquement, l’amour disparaît au bout de trois années. Je l’ai lu dans un magazine féminin : l’amour est une poussée éphémère de dopamine, de noradrénaline, de prolactine, de lulibérine et d’ocytocine. Une petite molécule, phényléthylamine (PEA), déclenche des sensations d’allégresse, d’exaltation et d’euphorie. Le coup de foudre, ce sont les neurones du système limbique qui sont saturés en PEA. La tendresse, ce sont les endorphines (l’opium du couple). La société vous trompe : elle vous vend le grand amour alors qu’il est scientifiquement démontré que ces hormones cessent d’agir après trois années.

Frédéric Beigbeder, L’amour dure trois ans

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L’identité

imageL’histoire part d’un monde réel, fait de deux personnages amoureux et glisse petit à petit dans un monde imaginaire, à travers les sentiments et les voyages qu’entreprend le couple. La transition est si douce et fluide que l’on ne parvient plus à distinguer le moment précis où s’effectue cette transition entre le rêve et la réalité.

Chantal, femme de son temps, en arrive à la conclusion que les hommes ne savent plus séduire les femmes ; ce sont de gentils papas plus intéressés à faire voler un cerf-volant qu’à courir les jupons. Aucun homme ne pourra plus se retourner sur elle. Sciemment elle fait part de son inquiétude à Jean-Marc, son mari. Croyant à une crise due à la peur de vieillir, il s’emploie à jouer les admirateurs anonymes en lui adressant des lettres pour la réconforter. Ils se perdent…

Ce n’est, de loin pas, le meilleur livre de Kundera, mais n’en est pas mauvais pour autant.

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L’immortalité

image Il est particulièrement difficile de résumer ce livre, mais comme souvent dans les romans de Kundera on y retrouve des personnages fictifs représentants chacun de grandes idées. On retrouve également une parenthèse historique avec une partie de l’histoire du poète Goethe qui s’intercale parfaitement dans le roman et illustre très bien l’idée soutenue dans cet opuscule.

Kundera veut montrer les distinctions entre le soi et l’image de soi, qui seraient les deux composantes de l’individu. Si le soi est mortel, l’image peut, elle, aspirer à l’immortalité. Ainsi, l’auteur puise dans la grande culture européenne des exemples de cette course à l’immortalité (l’histoire de Geothe et, surtout, de Bethina).

Milan Kundera est, pour moi, un maitre à penser. Chaque lecture me fait grandir, évoluer, rares sont les livres qui apportent autant de choses sur le plan humain. Evidemment c’est un avis très personnel (mais qui est assez partagé quand même).

Pour le plaisir, quelques extraits

Car on ne peut considérer un geste ni comme la propriété d’un individu, ni comme sa création (nul n’étant en mesure de créer un geste propre, entièrement original et n’appartenant qu’à soi), ni même comme son instrument ; le contraire est vrai : ce sont les gestes qui se servent de nous ; nous sommes leurs instruments, leurs marionnettes, leurs incarnations.

Elle demanda donc à son père s’il lui arrivait de prier. Il dit : “Autant prier Edison quand une ampoule grille.

J’ose affirmer qu’il n’y a pas d’érotisme authentique sans art de l’ambiguïté ; plus l’ambiguïté est puissante, plus vive est l’excitation.

Je pense, donc je suis est un propos d’intellectuel qui sous-estime les maux de dents. Je sens, donc je suis est une vérité de portée beaucoup plus générale et qui concerne tout être vivant. [...] Le fondement du moi n’est pas la pensée mais la souffrance, sentiment le plus élémentaire de tous. Dans la souffrance, même un chat ne peut douter de son moi unique et non interchangeable. Quand la souffrance se fait aiguë, le monde s’évanouit et chacun de nous reste seul avec lui-même. La souffrance est la Grande École de l’égocentrisme.

Être mortel est l’expérience humaine la plus élémentaire, et pourtant l’homme n’a jamais été en mesure de l’accepter, de la comprendre, de se comporter en conséquence. L’homme ne sait pas être mortel. Et quand il est mort, il ne sait même pas être mort.

La honte n’a pas pour fondement une faute que nous aurions commise, mais l’humiliation que nous éprouvons à être ce que nous sommes sans l’avoir choisi, et la sensation insupportable que cette humiliation est visible de partout.

Rien de plus inutile que de vouloir prouver quelque chose aux imbéciles.

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La lenteur

image Vera et Milan Kundera assistent à un colloque d’entomologiste se situant dans un château. Les petits drames du colloque donneront à Milan Kundera l’inspiration à diverses réflexions sur le monde moderne, qu’il mettra en liaison avec le récit d’un écrivain libertin du XVIIIe siècle, Vivan Denon, qui faisait dérouler l’action de son récit dans ce même château. Les divers récits s’entremêleront pour faire surgir la réflexion et les délires de l’auteur.

Ce roman au départ paraît décousu, on ne comprends pas ce qu’il s’y passe mais au fur et mesure l’histoire se tisse pour arriver à un grand, très grand n’importe quoi dans le dernier quart ! Pour vous faire une tout petite idée, jetez dont un œil aux extraits ci-dessous ;)

Pour le plaisir, quelques extraits

Cet extrait m’a particulièrement surpris, ce n’est pas vraiment dans les habitudes de l’auteur !

Vincent regarde Julie et, soudain, il est ensorcelé : la lumière blanche a conféré a la jeune fille la beauté d’une fée, une beauté qui le surprend, beauté nouvelle qu’il n’a pas vue d’abord sur elle, beauté fine, fragile, chaste, inaccessible. Et tout d’un coup, il ne sait même pas comment cela est arrivé, il imagine son trou du cul. […]

Rien n’est plus humiliant que de ne pas trouver de réponse cinglante à une attaque cinglante.

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