Encore un livre que je me suis mis de coté voilà de cela quelques années et je n’ai attaqué que très récemment. Si je connaissais, de réputation, les histoires du marquis de Sade, je ne m’attendais pas à quelque chose d’aussi “hard” et immoral !
Très intéressant à lire, mis à part les passages porno qui sont un peu répétitifs. J’aime beaucoup me confronter, lors de ma lecture, à des courants de pensées auxquels je n’adhère absolument pas mais qui me permette toutefois d’avoir une meilleure vision de la nature de l’homme. La philosophie dans le boudoir est de ces livres dont je déteste le contenu mais adore son effet sur moi.
L’ouvrage se présente comme une série de dialogues retraçant l’éducation érotique et sexuelle d’une jeune fille de 15 ans. Une libertine, Mme de Saint-Ange, veut initier Eugénie « dans les plus secrets mystères de Vénus ». Elle est aidée en cela par son frère (le chevalier de Mirvel), un ami de son frère (Dolmancé) et par son jardinier (Augustin).
Le livre n’est pas qu’une longue description de gestes et d’actions. Il est construit (surtout le troisième dialogue) sur l’alternance entre dissertation philosophique et application concrète des préceptes évoqués. La théorie alterne avec la pratique.
Français, encore un effort si vous voulez être républicains
L’appel public qui s’insère avant le sixième dialogue présente les mêmes idées qui figurent dans les onze « opuscules politiques » de Sade publiés entre 1790 et 1799.
La réflexion de Sade s’inscrit parfaitement dans celle de son époque. Elle prolonge en effet les débats philosophiques sur le concept de Nature et sur le rôle de la société par rapport à cette Nature ainsi que sur l’influence de cette dernière sur les comportements humains.
La Nature étant le seul moteur du monde, tout ce qui suit ses principes en vient à être légitimé par elle. Le sexe, l’égoïsme, la violence sont autant de manifestations que l’on trouve dans la nature et de manifestations de la Nature en l’homme, et partant, elles peuvent être légitimées comme étant “naturelles”, au-delà du Bien et du Mal.
Ce chapitre et l’interprétation du marquis de Sade de la Nature m’a particulièrement plu, même sans être d’accord avec lui
Une petit extrait
Le Chevalier : Dolmancé, changeons de main, passe lestement du cul de ma sœur dans celui d’Eugénie, pour lui faire connaître les plaisirs de l’entre-deux, et moi j’enculerai ma sœur, qui, pendant ce temps, rendra sur tes fesses les coups de verges dont tu viens d’ensanglanter celles d’Eugénie.
Dolmancé, exécutant : J’accepte… Tiens, mon ami, se peut-il faire un changement plus leste que celui-là ?
Eugénie : Quoi ! Tous les deux sur moi, juste ciel !… Je ne sais plus auquel entendre ; j’avais bien assez de ce butor !… Ah ! que de foutre va me coûter cette double jouissance !… Il coule déjà. Sans cette sensuelle éjaculation, je serais, je crois, déjà morte… Eh quoi ! ma bonne, tu m’imites ?… Oh ! comme elle jure, la coquine !… Dolmancé, décharge… décharge, mon amour… ce gros paysan m’inonde : il me l’élance au fond de mes entrailles… Ah ! mes fouteurs, quoi ! tous deux à la fois, sacredieu !… Mes amis, recevez mon foutre : il se joint au vôtre… je suis anéantie… (Les attitudes se rompent.) Eh bien ! ma bonne, es-tu contente de ton écolière ?… Suis-je assez putain, maintenant ?… Mais vous m’avez mise dans un état… dans une agitation… Oh ! oui, je jure que, dans l’ivresse où me voilà, j’irais, s’il le fallait, me faire foutre au milieu des rues !…